Sifel Maroc : Des labels pour les produits du terroir
· Les huiles d’argane et d’olive de Tyout décrochent leur signe distinctif et de qualité
· Clémentine, safran, dattes Majhoul et chevreau d’arganier, sur la même voie
LA labellisation des produits du terroir se poursuit. Pour l’année 2010, dix produits sont concernés par la démarche. Les quatre premiers qui sont au programme sont la clémentine de Berkane, le safran de Taliouine, les dattes Majhoul de Tafilalet et le chevreau d’arganier. Le Sifel (Salon international des fruits et légumes), qui s’est déroulé en fin de semaine dernière à Agadir, a été marqué par une cérémonie de dépôt officiel des dossiers de demande de reconnaissance des signes distinctifs d’origine et de qualité (SDOC). C’était en présence du ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime.
Pour lui, ce programme de labellisation des produits du terroir s’inscrit tout à fait dans l’optique de son département qui vise la valorisation des produits alimentaires et la protection du consommateur. Aussi, le ministre invite les opérateurs des autres filières à entamer le processus de labellisation des produits. Dans ce domaine, beaucoup de chemin a été parcouru. La publication de la loi n°25-06 et ses textes d’application, relatifs aux signes distinctifs d’origine et de qualité des denrées alimentaires et des produits agricoles et halieutiques, a créé le cadre juridique indispensable. A ce jour et depuis l’entrée en vigueur de la loi, le système marocain de labellisation a permis la reconnaissance de signes distinctifs et de qualité à deux produits. Il s’agit de l’IGP argane (Indication géographique protégée) et de l’AOP huile d’olive de Tyout Chiadma (Appellation d’origine protégée). Les arrêtés de ces labellisations devraient être publiés incessamment au Bulletin officiel. En novembre dernier, ce sont deux organismes de contrôle et de certification qui ont été agréés. Il s’agit de Ecocert Maroc et Normacert. Bureau Veritas Maroc a également été agréé. Son arrêté d’agrément est en cours de publication, indiquent les représentants du département de l’Agriculture.
Les produits du terroir n’étaient pas les seuls à se démarquer lors du Sifel 2009. Fruits et légumes étaient exhibés à côté des équipements agricoles en tout genre pour le bonheur des agriculteurs. «C’est aussi une occasion pour rencontrer les agriculteurs des autres régions et d’échanger les expériences», souligne Abderrazak Mouisset, président de l’Association des producteurs exportateurs de fruits et légumes. Selon lui, «les organisateurs du Sifel devraient, au terme des sept éditions, réaliser un sondage auprès des agriculteurs pour mieux répondre à leurs attentes». Cette année, le salon s’est tenu dans une conjoncture économique difficile. Et la morosité était palpable lors de la rencontre. Il faut dire que le commerce des fruits et légumes, y compris celui des tomates, connaît depuis le début de l’été 2009 une crise sans précédent matérialisée par l’effondrement des prix de vente. Selon des exportateurs, les prémices d’une reprise sont là ces tous derniers jours pour la tomate. On peut donc encore y croire. Certains opérateurs du secteur auront du mal cependant à se relever après les retombées de l’effondrement du marché à l’international.
Malika ALAMI
Source : Leconomiste